lundi 30 mars 2009
HADOPI : refusons l’attaque des libertés pour le confort des majors !
Deux ans après la loi DADVSI, le gouvernement veut rajouter une nouvelle corde à son arc du tout répressif : la loi Création et Internet ou aussi appelée HADOPI (Haute Autorité de Diffusion des Œuvres et de Protection des droits sur Internet).
Ce projet de loi instaurerait un nouveau mécanisme, celui de la « riposte graduée ». En clair, les ayants droits pourraient désigner des agents assermentés qui saisiraient la HADOPI de toute infraction constatée, qui pourrait alors prononcer une peine de suspension de l’abonnement Internet allant jusqu’à un an ainsi que le paiement d’une amende.
Ce projet de loi n’a qu’un seul objectif : défendre les intérêts financiers des grands majors du disque qui voient leur modèle économique s’effondrer, et criminaliser les usagers d’internet. Alors que l’opportunité de mettre un place un système économique via une licence globale, qui permettrait de rémunérer directement les artistes et de démocratiser l’accès à toutes les formes de culture, la droite continue d’avoir un temps de retard sur l’usage des nouvelles technologies.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes appelle les parlementaires à s’opposer fortement à ce projet de loi et s’associe à l’appel du réseau des pirates (reseaudespirates.org) qui propose un pacte pour les libertés numériques. Et pour dire non à Hadopi, les jeunes socialistes se sont donnés rendez-vous à 18h30 devant l’assemblée pour une action coup de poing.
vendredi 25 juillet 2008
Temps de travail : les jeunes socialistes miment "les temps modernes" devant l’Assemblée
Paris, 10 juil 2008 (AFP) - Une vingtaine de jeunes militants socialistes ont mimé "Les temps modernes" de Charlie Chaplin jeudi devant l’Assemblée nationale, inaugurant une série de rendez-vous d’agit prop’ pour "réveiller les Français sur la question du temps de travail" et la réforme en cours d’examen par le parlement.
Sous la direction de leur président Antoine Détourné, les militants du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) se sont rassemblés sur une place jouxtant le Palais-Bourbon, autour de l’un d’eux déguisé en Charlot parce que le personnage du film, débordé par des cadences infernales, "parle à tout le monde".
Le Président Nicolas Sarkozy, matraque en main, était aussi là pour faire marcher ce petit monde à la baguette, sous forme d’un masque de déguisement le représentant.
"Travailler moins, travailler mieux, travailler tous", "s’épuiser, non, vivre mieux, oui", ont scandé les manifestants, munis de clés à mollettes et de marteaux.
Ils ont déployé quelques pancartes où on pouvait lire : "Travailler comme des robots pour vivre comme des chiens : bienvenue dans le pays des droits de l’homme" ou encore "faire du travail une corvée, et du salaire une misère, c’est ça la modernité !".
La loi défendue par le ministre du Travail Xavier Bertrand, adoptée mardi en première lecture à l’Assemblée, permet de fixer la durée du travail au niveau de l’entreprise, accroissant la flexibilité par rapport aux 35 heures hebdomadaires. Elle autorise aussi l’allongement du temps de travail des cadres, notamment en relevant le plafond des "forfaits jour" de travail.
"Nous voulons réveiller les Français sur cette question et secouer un peu le cocotier socialiste car, à côté des rumeurs, peut-être légitimes, de cambriolages, il y aussi des choses graves qui appellent une opposition tout aussi résolue", a déclaré à l’AFP M. Détourné, en stigmatisant "une rupture fondamentale du modèle de société" à travers cette réforme.
D’autres actions de ce type auront lieu, notamment en province, cet été puis à la rentrée, a-t-il précisé.
samedi 19 juillet 2008
La droite transforme RTT en RTTT
La logique de la Réduction du Temps de Travail, fait place aujourd’hui à la logique RTTT : Restez Tout le Temps au Travail , voilà ce qui attend les travailleurs français avec le forfait jour à 235 jours. Cela revient à travailler toutes les semaines du lundi au vendredi quel que soit ce jour (y compris les jours fériés). Ne parlons même pas de la possibilité d’aller jusqu’à 282 jours. Ces nombres de jours travaillés correspondent aux forfaits-jours pour les cadres. La suite logique de la droite étant de l’élargir à l’ensemble des travailleurs sans distinction. Exit les 35h, exit le temps des 5 semaines de congés payés, exit le temps de la semaine de 40h. La modernité serait donc de travailler 65h par semaine, bientôt 52 semaines par an. Les travailleurs ne sont pas des machines dont on peut augmenter la cadence à volonté !
Halte là ! Travailler comme des robots pour vivre comme des chiens, voilà la modernité à la sauce droitière que Nicolas Sarkozy veut imposer au pays des droits de l’homme. Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce la logique selon laquelle il faut s’user plus pour vivre moins et l’incohérence d’une hausse sans fin du temps de travail pour ceux qui ont déjà un emploi sans aucune politique de création d’emplois pour ceux qui n’en ont pas.
Pour le MJS, la hausse du nombre d’heures travaillées doit être globale et non pas individuelle. Pour cela, il faut créer des emplois, à temps plein, pour tous. La logique actuelle du gouvernement nous mène dans une société où quelques-uns doivent travailler jusqu’à épuisement pour un salaire souvent à minima alors que des salariés pauvres qui subissent un temps partiel ou ceux qui sont privés d’emplois ne demandent qu’à obtenir un vrai travail.
La droite d’aujourd’hui veut remettre au goût du jour, la France d’hier, celle des Temps Modernes, celle où les travailleurs sont mis sous pression par l’exigence à tout prix de productivité, celle où le travail est synonyme de besogne, et le salaire de misère, celle où la précarité fait son nid dans les inégalités. A cette France du passé, nous opposons celle du progrès, de l’émancipation individuelle et collective.
mercredi 25 juin 2008
La directive de la honte construit les geôles de l’Europe forteresse !
Le Mouvement des Jeunes Socialistes s’indigne de l’adoption par le parlement européen de la directive retour ou directive de la honte.
Première mesure de codécision de l’UE en matière d’immigration, la directiv
e ne traite que de la répression à l’égard des sans papiers et illustre une conception de l’UE bien éloignée des valeurs fondamentales de l’Europe. Le MJS accuse les parlementaires européens et les gouvernements qui ont approuvé la directive d’utiliser l’argument de l’harmonisation des règles à des fins exclusives de répression des personnes sans papiers. Censée harmoniser les pratiques dans l’UE, la directive votée s’aligne en fait sur les standards européens les plus répressifs, incitant de fait la plupart des Etats à adopter des réglementations plus dures pour les personnes sans papiers.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d’une politique d’enfermement des personnes étrangères. Lorsqu’on sait d’expérience que l’éloignement d’un étranger intervient dans les dix premiers jours de sa détention, il est évident que l’utilisation d’une durée si longue vise à punir et à contrôler. Cette directive instaure, également, une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées. Elle ne peut que créer des situations absurdes et inacceptables en éloignant pour une durée très longue des personnes qui plongent nécessairement dans la clandestinité celles et ceux qui voudraient revenir.
Symbole d’une conception ultra réactionnaire de l’Europe, insulte faite au Monde entier, la directive construit les geôles de l’Europe forteresse. Illustration la plus grave de cette dérive honteuse, les personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, malade, victimes de tortures) et les mineurs, jusqu’alors protégées, sont concernés, au même titre que les autres, par la directive.
Le MJS demande la mise en œuvre d’une vraie politique d’immigration pour l’UE en concertation avec les pays concernés. L’Europe avait besoin hier des immigrés, elle en aura besoin demain pour des raisons tant économiques que démographiques. Elle doit également être une terre d’accueil porteuse d’une vision ouverte sur le monde et protecteur des libertés fondamentales.
Cette directive qui ne peut inspirer que de la honte et du dégoût doit être abrogée.
mardi 17 juin 2008
Travailler moins et travailler tous pour vivre mieux
Le Mouvement des Jeunes Socialistes soutient la mobilisation des salariés du 17 juin 2008 sur la durée légale du travail et les retraites. Les mesures annoncées par le gouvernement menacent des décennies de conquêtes sociales, hypothèque l’avenir d’un modèle social solidaire, en même temps qu’il méprise le dialogue social.
En autorisant des accords entre partenaires sociaux permettant le dépassement du quota légal d’heures supplémentaires hebdomadaires dans les entreprises, le gouvernement enterre les 35 heures et casse la durée légale du travail, fruit de près d’un siècle de combats et de dialogue. La France revient à une situation antérieure à la loi du 23 avril 1919 qui installait la semaine de 48 heures et la journée de 8 heures.
Le MJS dénonce également la signature du gouvernement de la directive européenne qui autorise les salariés à travailler jusqu’à 65 heures par semaine. Le droit du travail devient un no man’s land juridique où le patron est seul maître du temps de travail des salariés. Cette politique oblige les salariés à travailler plus, n’augmente pas les salaires et n’encourage pas l’emploi des salariés qui en sont privé.
S’agissant des retraites, le gouvernement reste sourd aux revendications du mouvement social et s’entête à ne proposer que l’augmentation du nombre d’annuités cotisées. Il feint d’ignorer le chômage des seniors, les difficultés d’insertion des jeunes, la faiblesse des salaires et des pensions. D’autres solutions existent : suppression d’exonérations de cotisations, augmentation des cotisations, modulation en fonction de la pénibilité du travail.
En ignorant les partenaires sociaux, le gouvernement fait la preuve de son mépris du dialogue social et dévoile la vraie nature de ses intentions : casser toutes les protections sociales quelle qu’en soient les conséquences pour le plus grand nombre.
Le MJS défend une autre voie pour lutter contre le chômage, la précarité et pour le progrès social : celle du travailler moins pour travailler tous et vivre mieux.
lundi 9 juin 2008
La France d'avant !
Depuis un an, notre omniprésident et son gouvernement cherchent à donner l'illusion de la rupture, de la modernité. Mais cette droite “décomplexée” ne nous donne qu'un retour à la “France d'avant” : celle où l'individualisme prime, celle où les droits sociaux n'existent plus...
Quarante ans après mai 68, ils veulent tout liquider jusqu'à notre modèle social pourtant cité en exemple à l'étranger. Mais nous ne sommes pas la Gauche archaïque qui refuse la modernisation comme ils veulent bien le faire croire, nous militons pour le progrès !
Le progrès, c'est : la réduction des inégalités
Les mesures prises par la droite depuis un an sont effectivement une rupture : une rupture avec le mouvement de réduction des inégalités initié depuis la guerre ! Le combat pour l'égalité est loin d'être archaïque. Nous devons nous battre pour l'émancipation pour tous en donnant à chacun le droit et les moyens de faire ses choix de manière autonome à chaque moment de sa vie.
Le progrès, c'est : promouvoir la laïcité
Nicolas Sarkozy a remis au goût du jour l'idée que la démocratie a besoin de la religion pour régenter l'ordre social. Cette conception réactionnaire et cynique de la société ne nous convient pas car la démocratie est fondée sur un autre idéal : celui du vivre ensemble et de la citoyenneté. Nous devons nous battre contre les attaques à la laïcité car c'est la garantie du lien social !
Nous ne serons pas la génération sacrifiée !
Nous exigeons un droit à l'avenir !
Nous faisons le choix de la résistance à cette droite et de la construction de l'alternative à gauche !
Parce que la réforme doit être synonyme de progrès social, toi aussi, engage-toi ! Pour une juste répartition des richesses, pour une allocation autonomie, pour une éducation de qualité, pour des services publics forts, pour une augmentation des salaires, pour mettre fin à la crise du logement ! L'avenir, c'est toi. L'avenir, c'est nous ! Rejoins-nous !
dimanche 18 mai 2008
La journée mondiale contre l’homophobie ne doit pas être un gadget
A l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie, ce 17 mai 2008, Mme Rama Yade, Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, a annoncé la reconnaissance officielle de cette journée de mobilisation par la France.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes se félicite de cette annonce, qui constitue une avancée dans la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, et pour l'égalité.
Toutefois, cette journée ne doit pas constituer un gadget politique supplémentaire cachant l'absence d'action et de volontarisme de la politique ménée en France et à l'étranger par Nicolas Sarkozy en ce qui concerne les droits de l'Homme. L'homosexualité est encore punie par la peine de mort dans de trop nombreux pays, ce que la France doit dénoncer.
De plus, il ne faut oublier le double langage de la droite qui n'a pas encore mis en place les moyens promis lors de la campagne pour lutter contre toutes les discriminations, et qui a une nouvelle fois investi M. Vanneste à l'occasion des élections municipales de mars dernier, malgré ses condamnations pour des propos homophobes. Il s'agit d'un nouveau refus de la droite de reconnaître simplement l'égalité entre tous les citoyens.
Le MJS propose de renforcer les remparts juridiques contre ces discriminations en valorisant et en s'appuyant sur le travail et l'expérience des associations. La lutte pour l'égalité et la tolérance doit devenir un véritable enjeu pédagogique. Ce travail de pédagogie, d'information et de sensibilisation ne doit pas se limiter au cadre scolaire, mais doit également atteindre les lieux de travail et les administrations, ainsi que de nombreux territoires trop longtemps délaissés, comme l'outre-mer, les banlieues et les zones rurales.
Enfin, cette reconnaissance, après avoir déchu un citoyen de sa nationalité française pour s'être marié avec un Néerlandais, illustre bien l'hypocrisie du gouvernement de François Fillon quant aux questions LGBT.
vendredi 11 avril 2008
Flexi-précarité : l’appel jeunes
Le projet de loi sur la "modernisation" du marché du travail traduit dans les textes un certain nombre de dispositions issues de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2008, signé par quatre organisations syndicales à l'issue d'une très discrète "négociation" débutée en septembre dans un cadre et un délai préétablis par le gouvernement. La CGT n'a pas signé cet accord.
Deux ans après le mouvement ayant obtenu le retrait du CPE, qui contestait déjà la généralisation des contrats précaires que voudrait nous imposer le MEDEF, c'est désormais l'ensemble des travailleurs qui est la cible de ce projet de loi puisque les modifications du code du travail prévues auront aussi un impact sur les contrats déjà signés, tout en facilitant pour l'employeur la possibilité de modifier unilatéralement le contrat de travail.
Ce texte contient des reculs inacceptables :
- Allongement de la période d'essai (jusqu'à 8 mois dans certains cas);
- Nouveau contrat de travail précaire dont la durée serait ocnditionnée à la réalisation d'un projet;
- Séparabilité à l'amiable (faisant croire que n'importe quel salarié peut négocier son départ);
- Entraves sans précédent au droit d'accéder aux prud'hommes;
- Suppression de l'indemnité spécifique de licenciement économique.
Nous considérons que notre avenir mérite mieux que ça.
Dès maintenant, préparons une riposte d'ensemble et unitaire !
Une riposte s'impose
Nous, organisations de jeunesse politiques, syndicales et associatives :
- alertons et informons les salariés et futurs salariés sur le contenu de ce projet de loi et sur l'accord du 11 janvier
- exigeons le retrait de la loi sur la "modernisation" du marché du travail
- appelons les retraités, salariés, jeunes travailleurs, étudiants et lycéens à se joindre aux mobilisations qui seront organisées à l'occasion de l'examen de ce texte.
Cette réforme n'est pas une attaque isolée : elle s'inscrit dans la politique de démantèlement du droit du travail et de la protection sociale. Dans cettes logique, une renégociation de l'assurance chômage est également prévue pour le premier semestre 2008.
La volonté du gouvernement est claire et assumée : démanteler les droits sociaux issus de 60 ans de luttes sociales.
Premiers signataires : AL, FSE, Génération Précaire, JCR, Jeunes Verts, JC, Jeunes CGT, JRG, MJS, SUD Etudiant, SUD Lycées 75, Zone d'Ecologie Populaire
lundi 22 octobre 2007
Eclairage sur les régimes spéciaux
La réforme est désormais enclenchée : le gouvernement réformera les régimes spéciaux de retraite. Ces régimes concernent 5% des retraites en France. Ils ont été obtenus par des luttes sociales des salariés et institutionnalisés en 1945 lors de la création de la sécurité sociale. Pour réformer les régimes spéciaux la droite n’hésite pas à marteler de faux arguments.
Au nom de l’ « équité » martelée sans cesse par la majorité. C’est oublier un peu vite que si les bénéficiaires de régimes spéciaux cotisent 37,5 annuités, et peuvent donc prendre leur retraite entre 50 et 60 ans, il y a plusieurs contreparties. Les salariés des régimes spéciaux cotisent davantage, ils ont donc un salaire moindre.
D’autre part, le montant de leur retraite est inférieur, car le taux de remplacement, c’est-à-dire le niveau de la retraite par rapport au dernier salaire, est inférieur au taux de remplacement des autres salariés.
Par ailleurs, les salariés des régimes spéciaux n’auraient plus de raison d’en bénéficier car la pénibilité pour laquelle ils l’avaient obtenue n’existerait plus. Si l’évolution technique a fait évoluer les métiers, la pénibilité n’a pas disparue pour autant. Une étude récente démontre que les conducteurs de train, par exemple, sont en moyenne trois fois plus stressés qu’à l’époque où ils devaient mettre du charbon pour faire avancer la locomotive.
La droite pointe toujours du doigt les régimes spéciaux de la SNCF ou d’EDF-GDF mais n’évoque jamais le financement des retraites des professions libérales, des agriculteurs etc qui sont largement co-financées par les cotisations des salariés.
Pour le gouvernement la réforme des régimes spéciaux n’est qu’un coup d’essai. Cela s’inscrit dans la lignée des précédentes contre-réformes que la droite à enclenchée lorsqu’elle était au pouvoir.
Après cette réforme, le Président de la république l’a déjà annoncé, il veut réformer l’ensemble du système des retraites et faire travailler les salariés plus longtemps, parce que l’on vit plus longtemps.
Au MJS, nous pensons que le travail ne doit pas occuper la totalité de la vie d’un travailleur, que celui-ci doit pouvoir bénéficier de temps libre. A la compensation financière et aux retraites anticipées dues à la pénibilité du travail, nous souhaitons une prise en compte des nouvelles formes de pénibilité, comme le stress ou les troubles musculo-squelettiques, en amont. Une bonne qualité de vie n’a pas de prix et ne peut pas être compensée par des compléments financiers. Le dialogue entamé entre les partenaires sociaux doit aboutir à des propositions concrètes pour que travail ne rime plus avec souffrance.
La question de l’âge à la retraite pose l’argument massue de la droite qui est la question du financement. Mais, s’il est vrai que notre système de protection sociale n’est pas suffisamment financé, il faut s’interroger sur les choix politique qui sont faits.
En effet, comment ne pas trouver aberrant d’entendre le président de la république expliquer qu’il existe un problème de financement de la sécurité sociale, alors que dans le même temps il exonère les entreprises de cotisations sociales , et les heures supplémentaires ? Si déjà le patronat était réellement mis à contribution pour financer la protection sociale, notre système s’en porterait bien mieux.
jeudi 20 septembre 2007
Le déménageur social
Nicolas Sarkozy n’hésite pas à passer par des schémas absurdes qui visent à faire reposer la crise de l’emploi et le chômage qui pèsent sur la société uniquement sur les prétendues défaillances du système social. Toujours dans une logique de mystification, il transfère toute responsabilité collective sur les épaules des individus en expliquant qu’on ne peut pas demander aux Français d’être « solidaires » s’ils ne sont pas « responsables ». Cela lui permet de créer des amalgames sur le modèle chômeur=fraudeur. Par ailleurs, il se fait le chantre du dialogue social mais le réduit à un rôle de caution pour justifier la casse de notre système social. Le calendrier d’annonces et de négociations affiché risque de conduire à une succession de démantèlements profonds.
35H : elles seraient responsables du chômage. Nicolas Sarkozy oublie que c’est lors de la mise en place de ces 35H que la France a créé le plus d’emplois ces 20 dernières années ; Il propose de donner plus de place à la négociation d’entreprise et de branche sur la durée du travail ce qui revient à supprimer l’idée de durée légale du travail ; Alors que la droite est au pouvoir depuis 6 ans, Sarkozy annonce un troisième « assouplissement», le chômage, c’est toujours « la faute aux 35H ».
SMIC et pouvoir d’achat et minimas sociaux : Nicolas Sarkozy ne doit pas être au Smic ! Il annonce la suppression de l’augmentation du Smic pour la remplacer par un comité d’expert chargé de proposer des recommandations au gouvernement. C’est le gel du salaire des Smicards qui se profile. Bel encouragement au travail ! Alors que le Smic pourra ne plus être augmenté, la seule mesure proposée sur les autres salaires est une conférence sur l’emploi. En cas d’échec, aucune intervention de l’état n’est évoquée. Pas de cadeaux pour les salariés !
Contrat de travail : Pour Nicolas Sarkozy, les salariés bénéficient d’un trop-plein de protection. Ce système encourage les délocalisations, crée peu d’emplois et génère une économie atrophiée. Le droit du travail est pourtant indispensable au rééquilibrage du rapport de force entre employeurs et employés, naturellement favorable à l’employeur. L’affaiblissement du droit du travail n’a pourtant jamais créé de croissance. Alors que le CNE est de plus en plus affaibli juridiquement, Sarkozy ouvre la voix d’un nouveau CPE en mettant à nouveau en cause durée de la période d’essai, indemnités de licenciement et procédures devant les prud’hommes.
Chômage : Alors que Nicolas Sarkozy évoque l’objectif d’une indemnisation chômage plus juste, il voit derrière chaque chômeur un fraudeur. La lutte contre la fraude ne peut pas être l’alpha et l’oméga de toute politique de l’emploi. Se défendant de stigmatiser, Nicolas Sarkozy veut renforcer les procédures de fin de droits en cas de refus d’offres d’emploi, ce qui revient à amalgamer chômage et « glandouille ». Si les allocations chômages pourront être importantes, elles seront écourtées…
Retraite et régimes spéciaux : Sarkozy ne se gène pas pour mentir en ce qui concerne le régime des retraites. Selon lui, la pénibilité au travail n'existerait plus et l'espérance de vie des bénéficiaires de régimes spéciaux seraient « égale voire supérieure » aux bénéficiaires des autres régimes. Les régimes spéciaux n'auraient plus de sens car les situations qui les justifiaient ne seraient plus valables aujourd'hui. Il y a là une contradiction avec son intervention précédente sur le sujet où il évoquait la nécessité de mieux prendre en compte toutes les situations de pénibilité !
Nous suggérons plusieurs pistes à Nicolas Sarkozy : remise à plat des 25 Milliards d’euros annuels des exonérations de cotisations sociales, remise en cause du paquet fiscal, établissement d’une fiscalité sur les stock options (5 milliards d’Euros potentiels) et de nouvelles recettes comme une contribution sur la valeur ajoutée au sein de l’entreprise. On devine déjà les déclarations à l’avenir sur les trop grands déficits : qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.
Le grand discours social du Président se limite à des annonces toujours plus dures avec les faibles et faibles avec les forts en matière de politique sociale ; l’absence de politique économique viable et la faiblesse de la croissance ne pourront être compensées par des sanctions et l’affaiblissement de notre modèle de protection sociale.

